Des ruines d ’un château et de la place historique du Vrijthof à l’une des plus belles librairies du monde installée dans une église du XIIIe siècle : la région de Maastricht est connue pour être l’une des capitales culturelles les plus raffinées de notre pays. Mais si tu visites la capitale du Limbourg sans descendre sous terre, tu passeras à côté de son plus grand secret.
À seulement 2 h 30 de route d’Amsterdam, le flanc sud de la ville recèle un double univers fascinant. En surface, tu te promènes dans un paysage vallonné et verdoyant autour d’un fort historique et d’un cratère gigantesque, tandis que sous terre se cache un labyrinthe de plusieurs kilomètres. Un monde souterrain obscur, regorgeant de traces préhistoriques, de trésors artistiques cachés et de secrets d’État strictement gardés.
Le complexe fortifié du XVIIIe siècle du Fort Saint-Pierre

Au cours de l’hiver 1701, le gouverneur Daniël Wolff, baron van Dopff, a ordonné la construction du Fort Saint-Pierre. Après plusieurs sièges français dévastateurs, cette forteresse pentagonale en pierre devait protéger le flanc sud vulnérable de Maastricht.
Cet ouvrage stratégique était suffisamment impressionnant pour accueillir en 1717 même le tsar Pierre le Grand lors d’une visite guidée festive. Bien que les Français aient fini par attaquer le fort par l’arrière en 1794, ce monument national restauré se dresse toujours là, tel un imposant gardien de la ville.
Le bunker d’art souterrain de Grotten Noord

Juste en dessous du fort se trouve Grotten Noord, un labyrinthe de marne creusé par des carriers. Les galeries sombres recèlent des traces séculaires, allant des dessins au charbon de bois aux traces de charrettes. Mais c’est pendant la Seconde Guerre mondiale que ce réseau a joué son rôle le plus crucial.
En avril 1942, un coffre-fort spécial de l’État a été construit au plus profond de la montagne. C’est là que « La Ronde de nuit » de Rembrandt a été mise en sécurité pendant plus de trois ans. Enroulée autour d’un cylindre en bois, cette œuvre de maître a ainsi été protégée des ravages de la guerre.
Le quartier général secret de l’OTAN

À l’ouest de la région, enfoui dans la marne du Cannerberg, se trouve l’un des sites les plus mystérieux de la Guerre froide. À partir de 1956 , une carrière creusée dans la roche a servi de quartier général permanent de l’OTAN. Le complexe était soumis à la loi sur les secrets d’État et dirigeait jour et nuit la défense aérienne de l’Allemagne de l’Ouest.
Lorsque l’OTAN a quitté les lieux en 1992, il ne restait plus, après un important désamiantage, qu’un réseau de ruines souterraines. Aujourd’hui, tu peux explorer ces couloirs dépouillés avec un guide, qui te fera découvrir l’histoire unique de ce centre de communication souterrain.